Les Pirke Avot ou Maximes des pères

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Chapitre1



1. Moïse a reçu la Torah au Sinaï et l'a transmise à Josué ; Josué l'a transmise aux Anciens, les Anciens aux Prophètes et les Prophètes l'ont transmise aux Hommes de la Grande Assemblée. Ces derniers ont énoncé trois principes : soyez circonspects dans le jugement, formez de nombreux disciples et établissez une haie autour de la Torah.

2. Chimone le Juste fut parmi les derniers Hommes de la Grande Assemblée. Il disait : « Le monde repose sur trois piliers : [L’étude de] la Torah, le service [de Dieu] et les actes de bienveillance. »

3. Antiguenos de So’ho reçut [la Loi orale] de Chimone le Juste. Il disait : « Ne soyez pas comme des serviteurs qui servent leur maître en vue de recevoir une récompense, mais soyez comme des serviteurs qui servent leur maître sans chercher à recevoir une récompense ; et que la crainte des Cieux soit sur vous. »

4. Yossé ben Yoézer de Tsrédah et Yossé ben Yo’hanane de Jérusalem reçurent [la Loi orale] des précédents. Yossé ben Yoézer de Tsrédah disait : « Que ta maison soit un lieu de réunion pour les Sages ; attache-toi à la poussière de leurs pieds et bois leurs paroles avec avidité. »

5. Yossé ben Yo’hanane de Jérusalem disait : « Que ta maison soit largement ouverte [à l’hospitalité] ; et que les indigents y soient accueillis comme les membres de ta propre maison ; et ne converse pas trop avec la femme. » On voulait dire [avec] ta propre femme ; à plus forte raison avec la femme d’un autre. De là les Sages ont affirmé : « Celui qui converse trop avec une femme, cause du mal à lui-même, néglige l’étude de la Torah et est appelé à hériter du Guehinom [purgatoire]. »

6. Yeochoua ben Pera’hia et Nittaï de Arbel reçurent [la Loi orale] des précédents. Yeochoua ben Pera’hiah dit : « Donne-toi un maître, acquiers-toi un ami, et juge chaque individu avec mansuétude. »

7. Nittaï de Arbel dit : « Éloigne-toi d’un mauvais voisin ; ne te lie pas avec un impie ; et ne désespère pas du châtiment. »

8. Yehoudah ben Tabaï et Chimone ben Chata’h reçurent [la Loi orale] des précédents. Yehoudah ben Tabaï dit : « Ne te fais pas avocat [lorsque tu es appelé à juger] et lorsque les parties sont en ta présence, considère-les toutes deux comme fautives ; et lorsqu’elles prennent congé de toi – après avoir accepté le verdict – considère-les toutes deux comme innocentes. »

9. Chimone ben Chata’h dit : « Sonde abondamment les témoins ; et prends garde à tes paroles, car elles pourraient inspirer le mensonge [aux témoins ou aux parties.] »

10. Chemayah et Avtalione reçurent [la Loi orale] des précédents. Chemayah dit : « Aime le travail ; abhorre la hauteur et ne cherche pas à te faire connaître du pouvoir en place. »

11. Avtalione dit : « Sages, prenez garde à vos paroles, car vous pourriez être passible d’exil et être relégués en un endroit où les eaux sont malsaines [où sévit l’hérésie] ; les disciples qui vous suivent en boiraient et en périraient [spirituellement] et le Nom des Cieux s’en trouverait profané. »

12. Hillel et Chammaï reçurent [la Loi orale] des précédents. Hillel dit : « Sois parmi les disciples d’Aaron, en aimant la paix et en poursuivant la paix, en aimant les créatures et en les approchant à la Torah. »

13. Il avait coutume de dire : « Qui cherche le renom perd son nom ; qui n’augmente pas [sa connaissance de la Torah] l’amoindrit ; et qui fait usage de la couronne [de la Torah, à ses propres fins] disparaîtra. »

14. Il avait coutume de dire : « Si je ne suis pas pour moi, qui sera pour moi ? Et si je ne suis que pour moi, que suis-je donc ? Et si ce n’est pas à présent, alors quand ? »

15. Chammaï dit : « Impose une régularité à ton étude de la Torah ; parle peu et agis beaucoup ; et accueille chaque individu avec un visage bienveillant. »

16. Rabbane Gamliel disait : « Donne-toi un maître et défais-toi du doute ; et ne prélève pas souvent la dîme au jugé [fût-ce à l’excédent]. »

17. Chimone son fils dit : « Toute ma vie, j’ai grandi parmi les Sages et je n’ai rien trouvé de plus bénéfique pour l’individu, que le silence ; l’essentiel n’est pas dans l’exégèse, mais dans les actes ; et celui qui abonde en paroles suscite la faute. »

18. Rabbane Chimone ben Gamliel dit : « Le monde subsiste par trois vertus : la justice, la vérité et la paix ; car il est dit : Que la vérité et le jugement de paix soient administrés dans vos portes. »





CHAPITRE 2



1. Rabbi [Yehoudah HaNassi] dit : « Quelle est la voie de rectitude que l’homme doit adopter ? Tout ce qui l’honore à ses propres yeux et l’honore aux yeux d’autrui. Et sois méticuleux [en accomplissant] une mitsvah [apparemment] mineure, comme pour une mitsvah conséquente, car tu ne connais pas la rétribution accordée pour les mitsvot. Et considère la perte [occasionnée par l’accomplissement] d’une mitsvah en regard de la rétribution [accordée pour son observance] et le gain occasionné par une faute en regard de la perte [qu’elle te vaut]. Considère trois choses et tu n’en viendras pas à fauter : sache ce qui est au-dessus de toi : un œil qui voit, une oreille qui entend, et que tous tes actes sont consignés dans un Livre. »

2. Rabbane Gamliel fils de Rabbi Yehoudah HaNassi dit : « Il est bon de concilier l’étude de la Torah avec le gagne-pain, car leurs efforts associés occultent [la tentation de] la faute ; et toute étude de la Torah qui n’est pas accompagnée d’un travail est vouée à la perte et entraîne la faute. Et que tous ceux qui œuvrent pour la communauté, le fassent au nom des Cieux, car le mérite de leurs ancêtres les assiste et leur rectitude revêt une portée éternelle. Quant à vous [dit Dieu], Je vous rétribuerai largement comme si vous l’aviez [vous-mêmes] accompli.

3. Méfiez-vous du pouvoir en place, car il n’est favorable à l’individu que lorsque cela lui profite. Il paraît conciliant lorsqu’il en tire avantage et n’assiste pas les gens lorsqu’ils sont dans le besoin. »

4. Il avait coutume de dire : « Accomplis Sa volonté comme si elle était la tienne, de sorte qu’Il accomplisse ta volonté comme si elle était la Sienne. Efface ta volonté devant la Sienne, de sorte qu’Il efface la volonté des autres devant la tienne. » Hillel dit : « Ne te sépare pas de la communauté ; ne présume pas de toi, jusqu’au jour de ta mort ; ne juge pas ton prochain avant d’avoir été à sa place ; ne prononce pas de parole ambiguë en escomptant qu’elle sera finalement comprise ; et ne dis pas : “Lorsque j’en aurai le loisir, j’étudierai”, peut-être n’en auras-tu pas le loisir. »

5. Il avait coutume de dire : « Un sot ne saurait craindre la faute et un ignorant ne saurait être pieux ; un timide ne saurait accéder à la connaissance et un irascible ne saurait enseigner ; et celui qui est trop occupé au commerce ne saurait acquérir la sagesse ; et là où il n’y a pas d’homme, efforce-toi d’être un homme. »

6. Il vit également un crâne flotter sur l’eau ; il lui dit : « C’est parce que tu as noyé qu’on t’a noyé et ceux qui t’ont noyé seront à leur tour noyés. »

7. Il avait coutume de dire : « L’abondance de chair entraîne l’abondance de vermine [dans la tombe] ; l’abondance de biens entraîne l’abondance de soucis ; l’abondance d’épouses entraîne l’abondance de sorcellerie ; l’abondance de servantes entraîne l’abondance de licence ; l’abondance de serviteurs entraîne l’abondance de vol ; [en revanche] davantage de Torah, c’est davantage de vie ; davantage d’étude assidue, c’est davantage de sagesse ; davantage de concertation, c’est davantage de compréhension ; davantage de charité, c’est davantage de paix. Celui qui s’est acquis un bon nom, l’a acquis pour lui-même ; celui qui a acquis la connaissance de la Torah s’est acquis la vie dans le Monde Futur. »

8. Rabbane Yo’hanane ben Zaccaï reçut [la Loi orale] de Hillel et de Chammaï. Il avait coutume de dire : « Si tu as appris beaucoup de Torah, ne t’en fais pas l’éloge, car c’est dans ce but que tu as été créé. »

9. Rabbane Yo’hanane ben Zaccaï avait cinq [éminents] élèves, qui étaient : Rabbi Eliézer ben Horkenous, Rabbi Yeochoua ben ‘Hananiah, Rabbi Yossé HaCohen, Rabbi Chimone ben Netanel, Rabbi Eléazar ben Ara’h. Il énonçait ainsi leurs qualités respectives. Rabbi Eliézer ben Horkenous : une citerne bien cimentée, dont aucune goutte ne se perd ; Rabbi Yeochoua ben ‘Hananiah : heureuse celle qui l’a enfanté ; Rabbi Yossé HaCohen : le ‘hassid ; [pieux, qui agit au-delà de ce que la loi requiert]. Rabbi Chimone ben Netanel : celui qui craint la faute ; et Rabbi Eléazar ben Ara’h : telle une source toujours plus jaillissante. Il disait : « Si tous les Sages d’Israël se trouvaient sur un plateau d’une balance et qu’Eliézer ben Horkenous se trouvait sur l’autre plateau, il pèserait plus qu’eux. » Abba Chaoul disait en son nom : « Si tous les Sages d’Israël se trouvaient sur un plateau d’une balance avec Eliézer ben Horkenous et qu’Eléazar ben Ara’h se trouvait sur l’autre plateau, il pèserait plus qu’eux. »

10. Il leur dit : « Allez et identifiez le bon chemin auquel l’homme doit s’attacher. » Rabbi Eliézer dit : « un bon œil. » Rabbi Yeochoua dit : « un bon ami. » Rabbi Yossé dit : « un bon voisin. » Rabbi Chimone dit : « entrevoir les conséquences de ses actes. » Rabbi Eléazar dit : « un bon cœur. » Il [Rabbi Yo’hanane ben Zaccaï] leur dit : « Les paroles d’Eléazar ben Ara’h m’apparaissent préférables aux vôtres, car les vôtres sont incluses dans les siennes. » Il leur dit : « Allez et identifiez le mauvais chemin dont l’homme doit s’éloigner. » Rabbi Eliézer dit : « un mauvais œil. » Rabbi Yeochoua dit : « un mauvais compagnon » Rabbi Yossé dit : « un mauvais voisin. » Rabbi Chimone dit : « c’est celui qui emprunte et ne restitue pas. » [En effet] emprunter à l’homme équivaut à emprunter à Dieu, car il est dit : L’impie emprunte et ne restitue pas, mais le Juste [D.ieu] agit avec bonté et donne[au prêteur lésé]. Rabbi Eléazar dit : « un mauvais cœur. » Il [Rabbi Yo’hanane ben Zaccaï] leur dit : « Les paroles d’Eléazar ben Ara’h m’apparaissent préférables aux vôtres, car les vôtres sont incluses dans les siennes. » Ils affirmèrent trois choses. Rabbi Eliézer dit : « Que l’honneur de ton prochain te soit aussi cher que le tien, ne sois pas prompt à la colère et repens-toi un jour avant ta mort. Réchauffe-toi au foyer des Sages et prends garde à leurs braises, de peur de te brûler, car leur morsure est celle du renard, leur piqûre est celle du scorpion, leur murmure est celui du serpent et toutes leurs paroles sont comme des charbons ardents. »

11. Rabbi Yeochoua dit : « Le mauvais œil, le mauvais penchant et la haine des créatures excluent l’individu de la société. »

12. Rabbi Yossé dit : « Que l’argent de ton prochain te soit aussi cher que le tien ; et dispose-toi à étudier de la Torah, car elle [sa compréhension] ne t’est pas léguée en héritage ; et que tous tes actes soient accomplis au nom des Cieux. »

13. Rabbi Chimone dit : « Sois scrupuleux en récitant le Chema et la prière. Et lorsque tu pries, ne fais pas de ta prière une routine, mais implore la miséricorde et la pitié devant l’Omniprésent, car il est dit : Car Il est clément et miséricordieux, longanime et plein de bonté, et Il revient sur les mauvais décrets. Et ne sois pas un impie à tes yeux. »

14. Rabbi Eléazar dit : « Sois assidu à l’étude de la Torah ; sache quoi répondre à l’incroyant ; et sache devant qui tu œuvres et qui est ton employeur qui te paiera le salaire de ton labeur. »

15. Rabbi Tarfone dit : « Le jour est court, le travail est considérable, les ouvriers sont paresseux, le salaire est grand et l’Employeur est pressé. »

16. Il avait coutume de dire : « Tu n’es pas tenu de terminer le travail, mais tu n’es pas libre de t’en dispenser. Si tu as beaucoup étudié la Torah, une rétribution considérable te sera accordée et tu peux être confiant en ton employeur qui te rétribuera en fonction de ton labeur ; mais sache que la rétribution des justes est pour le Monde Futur. »





CHAPITRE 3



1. Akavia ben Mahalaleèl dit : « Considère trois choses et tu n’en viendras pas à la transgression : sache d’où tu proviens, où tu aboutiras et devant qui tu es appelé à rendre compte. D’où tu proviens : d’une goutte putride ; où tu aboutiras : dans un lieu de poussière, de vermine et de vers ; et devant qui tu es appelé à rendre compte : devant Celui qui est souverain sur les rois des rois, le Saint béni soit-Il. »

2. Rabbi ‘Hanina, l’assistant du grand-prêtre dit : « Prie pour la paix du gouvernement, car si on ne le craignait pas, les hommes s’entre-dévoreraient vivants. » Rabbi ‘Hanina ben Teradione dit : « Deux personnes assises ensemble qui n’échangent pas de paroles de Torah constituent une compagnie de moqueurs, comme il est dit : Et parmi une compagnie de moqueurs, il ne prend pas place.1, Mais deux personnes assises qui échangent des paroles de Torah, la Présence Divine réside au milieu d’elles, car il est dit : Alors ceux qui craignaient l’Éternel conversaient entre eux, l’Éternel prêta attention et entendit, et un livre du souvenir fut écrit devant Lui pour ceux qui craignent l’Éternel et révèrent son Nom. [De ce verset] je n’ai la preuve que pour deux personnes ; d’où sait-on que même lorsqu’une seule personne est assise à étudier la Torah, le Saint béni soit-Il lui attribue un salaire ? Car il est dit : Qu’il s’assoie solitaire [et étudie] dans un murmure, car il en recevra [le salaire]. »

3. Rabbi Chimone dit : « Si trois personnes ont mangé à une même table et n’y ont pas prononcé de paroles de Torah, c’est comme si elles avaient consommé des sacrifices offerts aux morts [aux idoles], car il est dit : Car toutes les tables sont couvertes de vomissures et d’immondices sans [la mention de] l’Omniprésent. Mais si trois personnes ont mangé à une table et y ont prononcé des paroles de Torah, c’est comme si elles avaient mangé à la table de l’Omniprésent, car il est dit : Et il me dit : « Voici la table qui est devant l’Éternel. »

4. Rabbi ‘Hanina ben ‘Ha’hinahi dit : « Celui qui est éveillé la nuit ou voyage seul en chemin et incline son cœur à des futilités met sa vie en péril. »

5. Rabbi Ne’hounia ben Hakanah dit : « Celui qui prend sur lui le joug de la Torah, se trouve affranchi du joug de l’État et du joug du joug du gagne-pain. Mais celui qui rejette le joug de la Torah, se voit imposé le joug de l’État et du joug du gagne-pain. »

6. Rabbi ‘Halafta ben Dossa de Kfar ‘Hanania dit : « Lorsque dix personnes sont assises à étudier la Torah, la présence de Dieu règne sur eux, car il est dit : Le Tout-Puissant Se tient parmi l’assemblée de Dieu. Et d’où sait-on qu’il en est de même pour cinq [personnes] ? Car il est dit : Il a fondé Son faisceau sur la terre. Et d’où sait-on qu’il en est de même pour trois [personnes] ? Car il est dit : Au milieu des juges, Il rend la justice. Et d’où sait-on qu’il en est de même pour deux [personnes] ? Car il est dit : Alors ceux qui craignaient l’Éternel conversaient entre eux et l’Éternel prêta attention et entendit. Et d’où sait-on qu’il en est de même pour une seule ? Car il est dit : En chaque endroit où Mon Nom sera mentionné, Je viendrai vers toi et te bénirai. »

7. Rabbi Eléazar de Bartota dit : « Donne-Lui de ce qui Lui appartient, car toi et tout ce qui t’appartient êtes à Lui. C’est ainsi que David dit : Car tout vient de Toi et c’est de Ta main que nous tenons ce que nous T’avons donné. » Rabbi Yaakov dit : « Celui qui va en chemin et étudie et interrompt son étude pour dire : “Comme cet arbre est beau, comme ce sillon est beau”, l’Écriture le considère comme mettant sa vie en péril. »

8. Rabbi Dostaï fils de Rabbi Yanaï dit au nom de Rabbi Meïr : « Celui qui oublie une partie de son étude [de la Torah], l’Écriture le considère comme mettant sa vie en péril, car il est dit : Surtout garde-toi – de sorte à préserver ta vie – d’oublier les choses que tes yeux ont vues. On pourrait penser que cela s’applique même au cas où l’étude était trop difficile pour lui [d’où son oubli] ; c’est pourquoi le verset ajoute : Et qu’elles ne s’écartent de ton cœur tous les jours de ta vie. On ne met donc sa vie en péril qu’en demeurant délibérément oisif, de sorte qu’on les chasse de son cœur. »

9. Rabbi ‘Hanina ben Dossa dit : « Celui dont la crainte du péché prévaut sur la sagesse, sa sagesse se maintient ; mais celui dont la sagesse prévaut sur la crainte du péché, sa sagesse ne se maintient pas. »

10. Il avait coutume de dire : « Celui dont les [bonnes] actions excèdent la sagesse, sa sagesse se maintient ; mais celui dont la sagesse excède les [bonnes] actions, sa sagesse ne se maintient pas ». Il avait coutume de dire : « Celui que les créatures apprécient, est apprécié de Dieu ; mais celui que les créatures n’apprécient pas, n’est pas apprécié de Dieu. » Rabbi Dossa ben Harkinas dit : « Le sommeil [prolongé] du matin, le vin de midi, les discussions puériles et la fréquentation des lieux de réunion des ignorants excluent l’individu de la société. »

11. Rabbi Eléazar de Modiine dit : « Celui qui profane les objets sanctifiés, ou qui ne respecte pas les [jours de demi-]Fêtes, ou qui humilie son prochain en public, ou qui transgresse l’alliance d’Abraham notre père ou qui présente la Torah sous un faux jour même s’il peut se prévaloir d’avoir étudié la Torah et accompli de bonnes actions n’a pas de part au Monde Futur. »

12. Rabbi Yichmaël dit : « Sois docile à l’égard d’un supérieur, affable à l’égard du jeune âge et accueille toute personne d’un visage réjoui. »

13. Rabbi Akiba dit : « La plaisanterie et la frivolité accoutument l’homme à la licence. La transmission [de la Loi orale] préserve la Torah ; les dîmes préservent la richesse ; les vœux préservent l’abstinence ; la préservation de la sagesse, c’est le silence. »

14. Il avait coutume de dire : « Bien-aimé est l’homme pour avoir été créé à l’image [de Dieu] ; c’est un surcroît d’amour que de lui avoir fait savoir qu’il a été créé à l’image [de Dieu], car il est dit : Car c’est à l’image de Dieu qu’Il créa l’homme. Bien-aimé est le peuple d’Israël pour être appelé « enfants de Dieu » ; c’est un surcroît d’amour que de leur avoir fait savoir qu’ils sont les enfants de Dieu, car il est dit : Vous êtes les enfants de l’Éternel votre Dieu. Bien-aimé est le peuple d’Israël, car il lui a été accordé un objet précieux ; c’est un surcroît d’amour que de lui avoir fait savoir qu’il lui a été donné un outil précieux, car il est dit : Car c’est un enseignement de valeur que Je vous ai donné ; Ma Torah, ne la délaissez pas.

15. Tout est observé [d’avance], mais la liberté [de choisir] est cependant donnée ; le monde est jugé avec bienveillance et tout est fonction de la majorité des [bonnes] actions. »

16. Il avait coutume de dire : « Tout est donné en échange d’un gage et un filet est tendu sur toute vie ; la boutique est ouverte, le commerçant fait crédit, le registre est ouvert, la main écrit, celui qui le désire vient et emprunte et les collecteurs repassent chaque jour faire payer à l’homme [sa dette], qu’il en ait ou non conscience, et ils ont sur quoi se fonder ; le jugement est un jugement de vérité ; et tout est fin prêt pour le festin. »

17. Rabbi Eléazar ben Azariah dit : « Sans Torah, point de savoir-vivre ; sans savoir-vivre, point de Torah. Sans sagesse, point de crainte [de Dieu] ; sans crainte [de Dieu], point de sagesse. Sans savoir, point de compréhension ; sans compréhension, point de savoir. Sans farine [de quoi se nourrir], point de Torah ; sans Torah, point de farine » Il avait coutume de dire : « Celui dont la sagesse excède les actes, à quoi est-il comparé ? À un arbre dont les branches sont nombreuses et les racines rares, et que le vent vient déraciner et renverser ; car il est dit : Pareil à la bruyère sur la lande, il ne verra pas arriver le bonheur, il demeurera dans le désert aride ; une terre salée et inhabitable.1, Mais celui dont les actes excèdent la sagesse, à quoi est-il comparé ? À un arbre dont les branches sont rares et les racines nombreuses et que tout les vents de la terre venant souffler ne sauraient déplacer ; car il est dit : Il sera tel un arbre planté au bord de l’eau et qui étend ses racines près d’une rivière : il ne craindra pas la saison chaude et son feuillage restera verdoyant ; il ne sera pas inquiet durant une année de sécheresse et ne cessera pas de produire des fruits. »

18. Rabbi Eliézer ‘Hisma dit : « Les lois relatives aux sacrifices des oiseaux et à la fixation des périodes des menstruations constituent l’essentiel des lois ; les calculs des cycles [astronomiques] et des valeurs numériques des mots [pour en faire l’exégèse] [ne] sont [que] les condiments de la sagesse. »





CHAPITRE 4



1. Ben Zoma dit : « Quel est le sage ? C’est celui qui apprend de toute personne, car il est dit : De tous ceux qui m’ont enseigné j’ai acquis de la sagesse, car Tes préceptes sont l’objet de mes propos. Quel est le puissant ? C’est celui qui contient son [mauvais] penchant, car il est dit : Il est plus louable d’être longanime que puissant ; de dominer ses passions que de conquérir une ville. Quel est le riche ? C’est celui qui est heureux de ce qu’il possède, car il est dit : De l’effort de ta main tu te nourris, heureux tu es et le bonheur est à toi. Heureux tu es : dans ce monde-ci ; et le bonheur est à toi : dans le Monde Futur. Qui est l’objet d’honneurs ? C’est celui qui honore les créatures. Car il est dit : Car J’honore qui M’honore et ceux qui Me dédaignent seront méprisés. »

2. Ben Azaï dit : « Accours pour accomplir [même] une mitsvah mineure [en apparence] et fuis la transgression, car une mitsvah en entraîne une autre et une transgression en entraîne une autre ; car le salaire d’une mitsvah est une mitsvah et la rétribution d’une transgression est une transgression. »

3. Il avait coutume de dire : « Ne sous-estime aucun homme et ne dédaigne aucun objet, car il n’est pas d’homme qui n’ait son heure, ni d’objet qui n’ait son utilité. »

4. Rabbi Lévitas de Yavné dit : « Sois excessivement humble, car l’espérance de l’homme est dans la vermine. » Rabbi Yo’hanane ben Brokah dit : « Celui qui profane le Nom Céleste en secret en sera puni en public, que la profanation du Nom ait été commise par inadvertance ou sciemment. »

5. Rabbi Yichmaël ben Rabbi Yossé dit : « Celui qui étudie pour enseigner, la possibilité lui est donnée d’étudier et d’enseigner ; mais celui qui étudie pour pratiquer, possibilité lui est donnée d’étudier, d’enseigner, d’observer et de pratiquer. » Rabbi Tsadok dit : « Ne te sépare pas de la communauté et ne te fais pas avocat [lorsque tu es appelé à juger] ; et ne t’en fais pas une couronne [de la Torah] pour en acquérir de la grandeur, ni une hache destinée à pourfendre. » Ainsi Hillel avait coutume de dire : « Celui qui fait usage de la couronne [de la Torah à ses propres fins] périra. » Ainsi, tu apprends que celui qui tire profit des paroles de la Torah retranche sa vie du monde. »

6. Rabbi Yossé dit : « Quiconque honore la Torah voit sa personne honorée par les créatures ; et quiconque profane la Torah voit sa personne méprisée par les créatures. »

7. Rabbi Yichmaël son fils dit : « Celui [le juge] qui réserve la prononciation d’un jugement [pour rechercher le compromis entre les parties] s’affranchit de l’hostilité, du vol et [de la responsabilité] du faux serment ; mais celui qui se gonfle d’orgueil en rendant [de façon péremptoire] des jugements est stupide, impie et orgueilleux. »

8. Il avait coutume de dire : « Ne sois pas seul à juger, car il n’est de seul juge que l’Unique ; et ne dis pas [à tes collègues] : “Admettez mon opinion”, car eux [la majorité] sont habilités [à le dire], mais pas toi. »

9. Rabbi Yonatane dit : « Celui qui observe la Torah dans la pauvreté finira par l’observer dans la richesse ; et celui qui se défait de la Torah dans la richesse finira par s’en défaire dans la pauvreté. »

10. Rabbi Méïr dit : « Réduis la conduite de tes affaires et investis-toi dans l’étude de la Torah ; et sois humble devant tout homme ; et si tu te défais de la Torah, il te surviendra d’autres occasions de lui faire défection ; et si tu as beaucoup peiné dans [l’étude de] la Torah, une grande rétribution t’est destinée. »

11. Rabbi Eliézer ben Yaakov dit : « Celui qui accomplit une mitsvah s’acquiert un défenseur et celui qui commet une transgression s’acquiert un accusateur. La repentance et les bonnes actions sont comme un bouclier contre l’infortune. » Rabbi Yo’hanane Hassanedelar dit : « Toute assemblée qui a vocation d’honorer les Cieux est appelée à se maintenir et celle qui n’a pas vocation d’honorer les Cieux ne se maintiendra pas. »

12. Rabbi Eléazar ben Chamoua dit : « Que l’honneur de ton élève te soit aussi cher que le tien, l’honneur de ton collègue aussi cher que la crainte de ton maître et la crainte de ton maître aussi chère que la crainte des Cieux. »

13. Rabbi Yehoudah dit : « Sois appliqué à l’étude, car une transgression due à une étude insuffisante te sera comptée comme une transgression délibérée. » Rabbi Chimone dit : « Il y a trois couronnes : la couronne de la Torah, la couronne de la prêtrise et la couronne de la royauté ; quant à la couronne de la bonne renommée, elle les surpasse toutes. »

14. Rabbi Nehorahi dit : « Exile-toi en un lieu de Torah, et ne dis pas que c’est elle qui te suivra, car ce sont tes collègues qui [par la concertation et le débat] la maintiendront entre tes mains, et ne te fie pas à ton seul entendement. »

15. Rabbi Yanaï dit : « Nous ne pouvons comprendre ni le bien-être des méchants, ni les souffrances des justes. » Rabbi Matia ben ‘Harach dit : « Sois le premier à saluer toute personne ; et situe-toi à la queue des lions plutôt qu’à la tête des renards. »

16. Rabbi Yaakov dit : « Ce monde est comme une antichambre du Monde Futur ; prépare-toi dans l’antichambre, de sorte que tu puisses pénétrer dans la salle de réception. »

17. Il avait coutume de dire : « Mieux vaut un moment de repentir et de bonnes actions dans ce bas monde que toute la vie du Monde Futur ; et mieux vaut un moment de félicité dans le Monde Futur que toute la vie en ce bas monde. »

18. Rabbi Chimone ben Eléazar dit : « Ne tente pas d’apaiser ton prochain au moment même où sa colère éclate et ne le console pas au moment où son défunt est couché devant lui ; ne le fais pas détailler son vœu au moment où il le prononce ; et ne cherche pas à le voir au moment de sa déchéance. »

19. Chmouel Hakatane dit : « Ne te réjouis pas de la chute de ton ennemi et lorsqu’il trébuche, que ton cœur ne soit pas allègre, car Dieu le constatant, et la chose déplaisant à Ses yeux, Il pourrait détourner de lui Sa colère [pour la diriger sur toi].

20. Elicha ben Abouyah dit : « Celui qui étudie la Torah lorsqu’il est un enfant, à quoi peut-il être comparé ? À de l’encre écrite sur un papier neuf ; et celui qui étudie la Torah à un âge avancé, à quoi peut-il être comparé ? À de l’encre écrite sur un papier usagé. » Rabbi Yossé bar Yehoudah de Kfar Habavli dit : « Celui qui apprend la Torah des jeunes, à quoi peut-il être comparé ? À celui qui mange des raisins aigres [qui ne sont pas mûrs], ou qui boit du vin au pressoir. Mais celui qui apprend la Torah des personnes âgées, à quoi peut-il être comparé ? À celui qui mange des raisins mûrs ou qui boit du vin vieux. » Rabbi Méïr dit : « Ne considère pas le récipient, mais ce qu’il contient : il est des récipients neufs qui contiennent du [vin] vieux et des récipients vieux qui ne contiennent pas même du [vin] nouveau. »

21. Rabbi Eléazar Hakappar dit : « La jalousie, la concupiscence et la recherche des honneurs excluent l’homme de la société. »

22. Il avait coutume de dire : « Ceux qui sont nés sont destinés à mourir et ceux qui sont morts sont destinés à revivre ; et ceux qui [re]vivent sont destinés à être jugés, de sorte que l’on sache, que l’on fasse savoir et qu’il soit reconnu qu’Il est Dieu, qu’Il est Celui qui façonne, qu’Il est le Créateur, qu’Il est Celui qui discerne, qu’Il est le juge, qu’Il est le témoin, qu’Il est le plaignant, qu’Il est appelé à juger. Béni soit-Il, devant qui il n’y a ni iniquité, ni oubli, ni partialité, ni présent corrupteur. Et sache que tout est fonction du compte [définitif]. Et ne laisse pas ton [mauvais] penchant te persuader que le tombeau sera pour toi un refuge, car c’est malgré toi que tu as été créé, malgré toi que tu es né, malgré toi que tu vis, malgré toi que tu mourras et malgré toi que tu es appelé à rendre compte devant Celui qui est souverain sur les rois des rois, le Saint béni soit-Il. »





CHAPITRE 5



1. Le monde fut créé à travers dix paroles [divines]. Qu’est-ce que cela vient nous apprendre ? En effet, le monde n’aurait-il pu être créé par une seule parole ? En fait, c’est pour châtier [d’autant plus] les impies qui ruinent le monde qui fut créé par dix paroles et pour attribuer une récompense [d’autant plus importante] aux justes qui maintiennent le monde qui fut créé par dix paroles.

2. Il y eut dix générations depuis Adam jusqu’à Noé : c’est pour montrer combien Il est longanime, car toutes les générations allaient en L’irritant, jusqu’à ce qu’Il amena sur eux les eaux du Déluge. Il y eut dix générations depuis Noé jusqu’à Abraham : c’est pour montrer combien Il est longanime, car toutes les générations allaient en L’irritant, jusqu’à la venue d’Abraham notre père qui recueillit la rétribution de tous.

3. C’est à dix épreuves qu’Abraham notre père fut soumis et il les surmonta toutes. C’est pour montrer combien était grand l’amour d’Abraham notre père [pour D.ieu].

4. Dix miracles furent accomplis pour nos ancêtres en Égypte et dix sur la Mer. C’est par dix fois que nos ancêtres éprouvèrent le Saint béni soit-Il dans le désert, car il est dit : Ils M’ont éprouvé par dix fois et n’ont pas entendu Ma voix.

5. Dix miracles se produisaient pour nos ancêtres dans le Temple : jamais une femme n’avorta du fait du fumet des viandes des sacrifices saints ; la viande des sacrifices saints ne fut jamais putréfiée ; on n’aperçut jamais une mouche à l’endroit où la viande des sacrifices était préparée ; il ne survint jamais de pollution nocturne au grand-prêtre à Yom Kippour ; les pluies n’éteignirent jamais le feu qui consumait la pile de bois de l’autel ; le vent ne dissipa jamais la colonne de fumée [qui s’élevait du feu de l’autel] ; on ne trouva jamais de défaut dans le Omer susceptible de le rendre impropre, ni dans les deux pains [de Chavouot] ni dans les pains de Présentation ; on s’y tenait debout serré et on s’y prosternait [pourtant] avec aisance ; jamais un serpent ni un scorpion ne sévirent à Jérusalem ; et jamais personne ne dit à autrui : « Je n’ai pas de place où loger cette nuit à Jérusalem ».

6. Dix objets furent créés la veille du Chabbat [de la Création] au crépuscule. Ce sont : l’ouverture de la terre [qui engloutit Kora’h], l’ouverture du puits [qui abreuva les enfants d’Israël dans le désert], la bouche de l’ânesse [de Bilaam], l’arc-en-ciel [qui apparut après le Déluge], la manne, le bâton [de Moïse], le vers du Chamir [qui permit de découper les pierres qui servirent à la construction du Temple], l’Écriture [la forme des lettres gravées sur les Tables de la Loi], l’Inscription [miraculeuse, sur les premières Tables de la Loi, qui pouvait être lue sur chacune de leurs faces] et les Tables de la Loi. Certains mentionnent également : le tombeau de Moïse notre Maître, et le bélier d’Abraham notre père [offert à la place d’Isaac]. Et certains ajoutent encore : les esprits malfaisants, et que les premières tenailles [de l’homme] furent confectionnées à l’aide des tenailles créées [par D.ieu à ce moment].

7. Sept aspects caractérisent le sot et sept le sage. Le sage ne parle pas devant celui qui est plus grand que lui en sagesse et en âge ; il n’interrompt pas son interlocuteur ; il ne s’empresse pas de répondre ; il questionne à propos et répond judicieusement ; il évoque les premiers points abordés en premier et les derniers en dernier ; quant à ce dont il ne sait rien, il dit : « Je ne sais pas » ; il reconnaît la vérité. Le sot possède les caractéristiques inverses.

8. Sept sortes de calamités surviennent dans le monde à cause de sept sortes de transgressions. Lorsque certains prélèvent la dîme et d’autres pas, une famine de pénurie survient : certains sont affamés, d’autres sont rassasiés. Si tous décident de ne pas prélever la dîme, une famine de sécheresse survient ; et s’ils décident également de ne pas prélever la ‘hallah,, une famine destructrice survient. La peste survient dans le monde à cause des peines de mort dont les tribunaux rabbiniques n’ont pas été saisis et pour l’usage interdit des fruits de l’Année sabbatique. Le glaive [la guerre] survient dans le monde à cause du retardement du cours de la justice, à cause du détournement de la justice et à cause de ceux qui rendent des décisions, au nom de la Torah, qui sont contraires à la loi.

9. Les bêtes sauvages surviennent dans le monde à cause du faux serment et de la profanation du Nom de D.ieu. L’exil survient dans le monde à cause de l’idolâtrie, des relations incestueuses et du meurtre, et pour le non respect du repos de la terre lors de l’Année sabbatique. À quatre époques la peste s’aggrave : la quatrième année [du cycle sabbatique], la septième année, à l’issue de la septième année et à l’issue de la fête de Souccot de chaque année. La quatrième année : lorsque n’a pas été prélevée la dîme destinée aux pauvres lors de la troisième ; la septième année : lorsque n’a pas été prélevée la dîme destinée aux pauvres pendant la sixième ; à l’issue de la septième année : pour l’inobservance [des lois relatives] aux fruits de l’Année sabbatique ; à l’issue de la fête de Souccot de chaque année – à cause du vol des parts [de la moisson] qui reviennent aux indigents.

10. Il y a quatre attitudes chez les individus. Celui qui dit : « Ce qui est à moi est à toi et ce qui est à toi est à moi » : c’est l’inculte ; [celui qui dit :] « Ce qui est à moi est à moi et ce qui est à toi est à toi » : c’est l’attitude intermédiaire. Certains affirment que c’est l’attitude [des gens] de Sodome. [Celui qui dit :] « Ce qui est à moi est à toi et ce qui est à toi est à toi » : c’est le pieux ; [celui qui dit :] « Ce qui est à toi est à moi et ce qui est à moi est à moi : c’est le méchant.

11. Il y a quatre tempéraments : facilement irritable et facile à apaiser : son défaut est éclipsé par sa vertu ; difficilement irritable et difficile à apaiser : sa vertu est éclipsée par son défaut ; difficilement irritable et facile à apaiser : c’est le pieux ; facile à irriter et difficile à apaiser : c’est le méchant.

12. Il y a quatre dispositions chez les élèves : celui qui comprend rapidement et oublie rapidement : son défaut éclipse sa qualité ; celui qui comprend difficilement et oublie difficilement : sa qualité éclipse son défaut ; celui qui comprend rapidement et oublie difficilement : c’est la bonne disposition ; celui qui comprend difficilement et oublie rapidement : c’est la mauvaise disposition.

13. Il y a quatre attitudes parmi ceux qui donnent la charité : celui qui souhaite donner, mais que les autres ne donnent pas : il voit d’un mauvais œil [la bonté] des autres [et la récompense qu’ils en recevront] ; celui qui souhaite que les autres donnent, mais ne souhaite pas donner lui-même : il voit d’un mauvais œil [la dépense de] son argent ; celui qui souhaite donner et que les autres donnent : c’est le pieux ; celui qui ne souhaite ni donner ni que les autres donnent : c’est le méchant.

14. Il y a quatre attitudes parmi ceux qui se rendent à la Maison d’étude : celui qui s’y rend, mais ne prend pas part à l’étude : il est rétribué pour s’y être rendu ; celui qui étudie, mais ne s’y rend pas : il est rétribué pour avoir agi [en étudiant] ; celui qui s’y rend et prend part à l’étude : c’est le pieux ; celui qui ne s’y rend pas et n’étudie pas : c’est l’impie.

15. Il y a quatre attitudes parmi ceux qui sont assis devant les sages : [elles sont comparées à] l’éponge, l’entonnoir, le filtre et le tamis. L’éponge : c’est celui qui absorbe tout ; l’entonnoir : c’est celui qui laisse pénétrer par un côté et laisse échapper par l’autre ; le filtre : c’est celui qui laisse passer le vin et retient la lie ; le tamis : c’est celui qui laisse passer la farine et retient la fleur de farine.

16. Tout amour qui est gagé sur une condition, lorsque la condition n’est plus remplie, l’amour s’éteint ; et celui qui n’est gagé sur aucune condition ne s’éteint jamais. Quel est l’amour qui est gagé sur une condition ? C’est l’amour d’Amnon et Tamar. Et celui qui n’est gagé sur aucune condition? C’est celui de David et Jonathan.

17. Toute controverse qui a vocation d’honorer les Cieux connaîtra un aboutissement perdurable ; et celle qui n’a pas vocation d’honorer les Cieux ne connaîtra pas d’aboutissement perdurable. Quelle est la controverse qui a vocation d’honorer les Cieux ? C’est la controverse entre Hillel et Chammaï. Et celle qui n’a pas vocation d’honorer les Cieux ? C’est la controverse entre Kora’h et toute sa faction.

18. Celui qui rend la communauté méritante, sera préservé du péché ; mais celui qui fait pécher la communauté, il ne lui est pas donné le moyen de se repentir. Moïse eut le privilège de rendre la communauté méritante, [aussi] le mérite du grand nombre est porté à son actif, car il est dit : Il [Moïse] accomplit la justice de l’Éternel et Ses injonctions à l’égard d’Israël. Jéroboam ben Navat pécha et fit pécher la communauté, [ainsi] le péché de la communauté lui est imputé, car il est dit : À cause des péchés que Jéroboam commit et qu’il fit commettre à Israël.

19. Celui qui possède les trois caractéristiques suivantes compte parmi les disciples d’Abraham notre père et celui qui possède les trois caractéristiques opposées compte parmi les disciples de Bilaam l’impie. Les disciples d’Abraham notre père possèdent un œil désintéressé, un esprit humble et une âme modeste. Les disciples de Bilaam l’impie possèdent un œil envieux, un esprit hautain et une âme avide. Quelle est la différence entre les disciples d’Abraham notre père et ceux de Bilaam l’impie ? Les disciples d’Abraham notre père jouissent [du fruit de leurs bonnes actions] dans ce monde-ci et héritent du Monde Futur, car il est écrit : Il y a de quoi faire hériter ceux qui M’aiment et leurs réserves, Je les remplirai. Quant aux disciples de Bilaam l’impie, ils héritent du Guehinom et descendent dans la fosse de l’anéantissement, car il est dit : Et Toi, D.ieu, Tu les fais descendre dans la fosse de l’anéantissement [ces] hommes de sang et de perfidie ; ils ne vivront pas la moitié de leurs jours ; quant à moi, j’espère en Toi.

20. Yehoudah ben Teima dit : « Sois effronté comme le léopard, leste comme l’aigle, prompt comme le chevreuil et fort comme le lion pour accomplir la volonté de ton Père qui est aux Cieux ». Il avait coutume de dire : « L’effronté est voué au Guehinom et celui qui est réservé, au Paradis. Puisse être Ta volonté, Éternel notre D.ieu et D.ieu de nos pères, que le Temple soit reconstruit prochainement, en nos jours et de nous accorder notre part dans Ta Torah. »

21. Ben Bag Bag dit : « Sonde-la [la Torah] et sonde-la encore, car tout s’y trouve ; scrute-la profondément, grandis et vieillis auprès d’elle et ne t’en défais pas, car tu n’as pas plus édifiant qu’elle. » Ben Hé Hé dit : « La rétribution est à la mesure de la peine. »

22. Il avait coutume de dire : « À cinq ans, l’étude de l’Écriture ; à dix, celle de la Michnah ; à treize, [l’obligation d’observer] les mitsvot ; à quinze, l’étude de la Guemara ; à dix-huit, le mariage ; à vingt, la poursuite [de la vie active] ; à trente, la force ; à quarante, le discernement ; à cinquante, l’aptitude à donner des conseils ; à soixante, l’âge avancé ; à soixante-dix, la vieillesse ; à quatre-vingt, [le signe d’] une certaine vigueur ; à quatre-vingt-dix, le corps se courbe ; à cent, c’est comme si l’on est mort, disparu et qu’on n’est plus de ce monde.



CHAPITRE 6



1. Nos Sages ont enseigné [ce chapitre] dans le langage de la Michnah. Béni soit Celui qui les a choisis, eux et leurs enseignements. Rabbi Meïr dit : « Celui qui se consacre à l’étude de la Torah de façon désintéressée acquiert de nombreux mérites, et il n’est pas jusqu’au monde entier qui ne vaille que pour lui. Il est appelé ami, bien-aimé, il aime D.ieu, il aime les créatures, il réjouit D.ieu, il réjouit les créatures. Elle [la Torah] le revêt d’humilité, de crainte et le rend à même d’être juste, pieux, droit, fidèle, l’éloigne du péché et le rapproche du mérite. On met à profit ses conseils et sa sagesse, son discernement et sa puissance, car il est écrit : À moi les conseils et la sagesse, je suis compréhension, à moi la puissance. Elle [la Torah] lui procure la souveraineté, la maîtrise, un jugement éclairé ; des secrets de la Torah lui sont révélés, il devient comme une source jaillissante et comme un fleuve dont le courant ne s’interrompt jamais. Il devient réservé, longanime, il pardonne l’affront qui lui est fait et elle [la Torah] le grandi et l’élève au-dessus de toute chose. »

2. Rabbi Yeochoua ben Lévi dit : « Chaque jour, une voix céleste issue du mont ‘Horev clame : “Malheur aux créatures qui font affront à la Torah !” Car quiconque ne se consacre pas à l’étude de la Torah est appelé « blâmé », car il est dit : Un anneau d’or au groin d’un porc, telle est une femme belle, mais insensée. Et il est écrit : Et les Tables de la Loi étaient l’ouvrage de D.ieu et l’écriture était l’écriture de D.ieu, gravée [‘harout] sur les Tables. Ne lis pas ‘harout [« gravé »], mais ‘hérout [« liberté »], car il n’est d’homme libre que celui qui se consacre à l’étude de la Torah. Et celui qui se consacre à l’étude de la Torah en acquiert une élévation, car il est dit : De Matanah [« la Torah donnée en cadeau »] à Na’haliel [« l’héritage de D.ieu »] et de Na’haliel à Bamot [« les sommets »]. »

3. Celui qui apprend de son prochain un seul chapitre, une seule loi, un seul verset, une seule parole ou même une seule lettre, se doit de l’honorer. Ainsi nous trouvons que David, roi d’Israël, qui avait appris seulement deux choses d’A’hitofel, l’a appelé son maître, son guide et son précepteur, car il est dit : Et toi, homme de mon rang, mon guide et mon précepteur. N’en va-t-il pas a fortiori ? Car si David, roi d’Israël, qui avait appris seulement deux choses d’A’hitofel, l’a appelé son maître, son guide et son précepteur, celui qui apprend de son prochain ne serait-ce qu’un seul chapitre, une seule loi, un seul verset, une seule parole ou même seule une lettre, doit, à plus forte raison, lui marquer de l’honneur. Et il n’est d’honneur qu’au titre de la Torah, car il est dit : L’honneur sera l’héritage des sages (...) et ceux qui sont intègres hériteront du bien. Et il n’y a de [véritable] bien que la Torah, car il est écrit : Car c’est un enseignement de valeur que Je vous ai donné : Ma Torah, ne la délaissez pas.

4. Telle est la voie qui mène à la Torah : de pain et de sel tu te nourriras, de l’eau avec mesure tu boiras, sur le sol tu dormiras, une existence de peine tu vivras, et dans [l’étude de] la Torah tu te dépenseras. Si tu agis ainsi, tu es heureux et tu t’es acquis le bonheur. Tu es heureux : dans ce monde-ci ; tu t’es acquis le bonheur : dans le Monde Futur.

5. Ne recherche pas la grandeur pour toi-même et ne convoite pas les honneurs ; agis plus que tu n’as étudié et n’aspire pas à la table des rois, car ta table surpasse la leur et ta couronne surpasse la leur ; et fiable est ton Employeur qui te paiera le salaire de ton travail.

6. La Torah surpasse la prêtrise et la royauté, car la royauté est acquise par trente vertus et la prêtrise par vingt-quatre, tandis que la Torah est acquise par quarante-huit vertus. Ce sont : l’étude, l’écoute attentive, l’articulation des mots, le discernement du cœur, la frayeur, la crainte, l’humilité, la joie, la pureté, le service des Sages, l’attachement aux condisciples, la discussion aiguisée avec les élèves, la réflexion, [la connaissance de] l’Écriture, [et de] la Michnah, la réduction de la conduite des affaires, la diminution des usages mondains, la diminution des jouissances, la réduction du sommeil, la réduction des conversations, la diminution des plaisanteries, la longanimité, le bon cœur, la foi dans les Sages, l’acceptation des souffrances, la connaissance de son rang, la satisfaction de ce que l’on possède, la modération des propos, s’abstenir de se vanter, être aimé, aimer D.ieu, aimer les créatures, aimer les voies de la justice, aimer les voies de la rectitude, aimer les reproches, s’éloigner des honneurs, ne pas s’enorgueillir de son érudition, ne pas se réjouir de rendre des décisions [juridiques], partager le fardeau avec autrui, le juger favorablement, lui inspirer la vérité, lui inspirer la paix, méditer son étude, interroger et répondre, entendre et ajouter [à ce que l’on sait déjà], étudier afin d’enseigner, étudier afin d’observer, ajouter à la sagesse de son maître, comprendre le sens de ce que l’on étudie et rapporter la parole au nom de son auteur. Tu apprends ainsi que celui qui rapporte une parole au nom de son auteur amène la rédemption au monde, car il est dit : Esther le rapporta au roi au nom de Mardochée.

7. Grande est la Torah, car elle procure la vie à ceux qui l’observent, en ce monde et dans le Monde Futur, car il est écrit : Elles sont la vie pour celui qui les découvre et une guérison pour toute sa chair ; et il est dit : Ce sera le remède pour ton corps et une moelle pour tes os ; et il est dit : Elle est un arbre de vie pour ceux qui s’y maintiennent et ceux qui la soutiennent trouvent le bonheur ; et il est dit : Car elles sont un diadème pour ta tête et un collier à ton cou ; et il est dit : Elle posera sur ta tête un diadème de grâce et t’ornera d’une couronne de magnificence ; et il est dit : Car c’est par moi [la Torah] que se multiplieront tes jours et que te seront ajoutées des années de vie ; et il est dit : À sa droite est la longévité, à sa gauche la richesse et l’honneur ; et il est dit : Car la longévité, des années de vie et la paix te seront ajoutées.

8. Rabbi Chimone ben Yehoudah dit au nom de Rabbi Chimone ben Yo’haï : « La beauté, la force, la richesse, l’honneur, la sagesse, l’âge avancé, la vieillesse et les enfants siéent aux justes et siéent au monde, car il est dit : L’âge avancé est un diadème de splendeur que l’on rencontre sur le sentier de la rectitude ; et il est dit : La splendeur des jeunes gens, c’est leur force et la beauté des vieillards, c’est leur âge avancé ; et il est dit : Le diadème des vieux, ce sont les petits-enfants et la splendeur des enfants, ce sont leurs parents ; et il est dit : La lune blêmira et le soleil pâlira de honte lorsque l’Éternel des légions régnera sur le mont de Sion et sur Jérusalem, et en regard de Ses anciens il y aura l’honneur. » Rabbi Chimone ben Menassia dit : « Ces sept qualités que les Sages ont [précédemment] mentionnées [comme seyant] aux justes, se sont toutes retrouvées chez Rabbi [Rabbi Yehoudah HaNassi] et chez ses fils. »

9. Rabbi Yossé ben Kisma dit : « Une fois que je me trouvais en chemin, un homme m’aborda et me salua, et je lui rendis son salut. Il me dit : “Maître, de quel endroit es-tu ?” Je lui répondis : “D’une grande ville de sages et de scribes.” Il me dit : “Maître, si tu acceptais de demeurer auprès de nous, en notre endroit, je te donnerais mille milliers de dinars d’or.” Je lui répondis : “Quand bien même tu me donnerais tout l’argent, l’or, les pierres précieuses et les perles du monde, je ne demeurerais que dans un lieu de Torah.” Et ainsi est-il écrit dans le Livre des Psaumes par David, roi d’Israël : L’enseignement de Ta bouche m’est plus précieux qu’une abondance d’or et d’argent. Et ce, d’autant plus qu’au moment où l’individu quitte ce monde, ce ne sont ni l’argent, ni l’or, ni les pierres précieuses, ni les perles qui l’accompagnent, mais seulement la Torah et les bonnes actions, car il est dit : Dans ta marche, elle [la Torah] te guidera, lorsque tu reposeras, elle veillera sur toi, et à ton réveil, elle sera ton discours. Dans ta marche, elle te guidera : dans ce monde-ci ; lorsque tu reposeras, elle veillera sur toi : dans le tombeau ; à ton réveil, elle sera ton discours : dans le Monde Futur. Et il est dit : C’est à Moi qu’appartient l’argent, c’est à Moi qu’appartient l’or dit l’Éternel D.ieu des légions. »

10. Le Saint béni soit-Il fit cinq acquisitions dans Son univers. Ce sont : la Torah – une acquisition ; les cieux et la terre – une acquisition ; Abraham – une acquisition ; Israël – une acquisition ; le Temple – une acquisition. La Torah : d’où le sait-on ? Car il est écrit : L’Éternel fit de moi [la Torah] Sa possession, l’origine de Son parcours, antérieurement à Ses œuvres, dès les origines. Les cieux et la terre, d’où le sait-on ? Car il est écrit : Ainsi a parlé l’Éternel : Les cieux sont Mon trône et la terre est Mon marchepied. Quelle demeure pourriez-vous [alors] Me bâtir et quel serait l’endroit de Mon repos ? Et il est dit : Que Tes œuvres sont foisonnantes, ô Éternel ! Tu les as toutes réalisées avec sagesse ; la terre est remplie de Tes possessions. Abraham, d’où le sait-on ? Car il est écrit : Et Il le bénit en disant : « Béni soit Abram par le D.ieu suprême, possesseur des cieux et de la terre. » Israël, d’où le sait-on ? Car il est écrit : Jusqu’à ce qu’il ait traversé, Ton peuple, ô Éternel, jusqu’à ce qu’il ait traversé, ce peuple que Tu as acquis. Et il est dit : Aux saints qui sont sur la terre et aux nobles, à eux va toute Mon aspiration. Le Temple, d’où le sait-on ? Car il est écrit : La demeure que Tu as forgée pour Ta résidence , ô Éternel, le sanctuaire, Seigneur, que Tes mains ont édifié. Et il est dit : Et Il les amena dans le domaine de Sa sainteté, cette montagne que Sa droite avait acquise.

11. Tout ce que le Saint béni soit-Il a créé dans Son univers, Il ne l’a créé que pour Sa gloire. Car il est dit : Tout ce qui porte Mon Nom et que, pour Ma gloire, J’ai créé, façonné et fait. Et il est dit : L’Éternel régnera à tout jamais.










 
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